L'envers du visible

  • Exposition
    "L'envers du visible"
    du vendredi 2 octobre 2026 au samedi 31 octobre 2026
    Galerie XII Paris

    Galerie XII est heureuse de présenter L’Envers du visible, une exposition collective réunissant des artistes de la galerie et des artistes invités issus de différentes disciplines.

    En confrontant la photographie contemporaine à la peinture, à la sculpture, au textile ou au dessin, l’exposition explore ce qui demeure d’un geste lorsque celui-ci n’est plus visible. Entre empreintes, strates et transformations, les œuvres révèlent les formes de persistance qui habitent la matière et les images.

    Longtemps considérée comme l’empreinte du réel, la photographie entretient un rapport singulier à la trace. Pourtant, contrairement à d’autres disciplines, elle ne laisse pas toujours apparaître le geste qui l’a produite. La photographie contemporaine déplace cette relation : manipulée, brodée, découpée, rehaussée, elle devient à son tour le théâtre d’une intervention sensible. En dialogue avec d’autres disciplines, la photographie n’apparaît plus seulement comme un médium d’enregistrement, mais comme un espace où se manifeste ce qui subsiste du geste, même lorsqu’il semble avoir disparu.

    Dans ses œuvres, Charlotte Mano (France) tente de faire survivre la mémoire des lieux de son enfance. Dans la série Linceul, le drap, présence fragile et fantomatique, devient l’empreinte d’un corps absent, une trace silencieuse qui persiste lorsque le paysage et les souvenirs semblent s’effacer. Une interrogation partagée avec Susanne Wellm (Danemark), pour qui le paysage devient une archive sensible du temps. Ses images, collectées via différents canaux, puis retissées, font apparaître, sous la surface du visible, les traces d’un monde en transformation, où mémoire et absence dialoguent dans une même matière.

    Jean-Baptiste Brueder (Belgique) crée quant à lui un dialogue avec la matière. Par des actions répétées de gravure, d’altération ou d’assemblage, il invoque, par strates, différentes temporalités. Les surfaces conservent les marques du processus de création et deviennent l'archive d'un geste désormais invisible. Un concept partagé par Wesley Stringer (USA), qui fait de la photographie un matériau à manipuler. Par des gestes de découpe, d’entrelacement et de recomposition, il altère l'intégrité de l'image et révèle sa dimension physique.

    En rehaussant leurs photographies, Antoni Taulé (France) et Patrizia Mussa (Italie) s’intéressent à ce qui demeure lorsque la présence s’est retirée : chez Taulé, la lumière révèle des espaces suspendus, comme les vestiges d’une mémoire immatérielle tandis que chez Patrizia Mussa, les architectures et les objets deviennent les témoins silencieux d’histoires disparues, où chaque détail semble conserver la trace d’un usage, d’un passage, d’une existence passée.

    Le temps ne disparait pas non plus chez Sophie Zénon (France), il se dépose par couches, puis sédimente. Sa série Fugace interroge ce qui demeure d’un lieu, d’une présence mais la photographie ne restitue pas un instant figé. Elle révèle des formes de persistance, aussi fragiles qu'éphémères, qui continuent d'habiter le présent. Une approche que partage Anne Commet (France), peintre, ou Audrey Schaditzki (France) céramiste, dont les œuvres se construisent par superpositions : chaque strate conserve l’empreinte d’un geste antérieur, une mémoire de la matière transformée par le passage du temps.

    Qu’elles s’inscrivent dans la photographie, la peinture, la sculpture ou le textile, ces pratiques explorent une même question : comment un geste, une matière ou une présence continuent-ils d’exister au-delà de leur apparition première ?

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